A Mons, Daphne cherche 50 millions de BEF pour commercialiser ses produits
Daphne peine à trouver les moyens susceptibles de garantir son expansion.
Créée à la fin des années 80 à Mons par Yildiz Ermurat, administrateur délégué, la SA Daphne a développé depuis près d'une décennie des produits destinés au secteur des télécoms, notamment des technologies de transmission à très haute vitesse utilisant le support du réseau câblé.
En mai 2000, Daphne et dTechT, société soeur dédiée aux mesures et commandes ainsi qu'à la transmission à distance, étaient absorbées par la société suédoise Viking Telecom.
Si ce nouveau partenariat a effectivement permis à Daphne et dTechT de doubler ses effectifs (10 personnes occupées actuellement) et à se doter d'équipements nouveaux, des divergences stratégiques sont rapidement intervenues sur le positionnement de Daphne au sein de Viking Telecom.
Au point de voir les actionnaires fondateurs de Daphne renégocier le rachat de leurs parts conclu en décembre de cette année, Viking Telecom conservant toutefois une position minoritaire.
Cinquante millions
Cette opération réussie, Daphne souhaite maintenant passer, après dix années de R&D, en phase de commercialisation de ses produits.
Nous souhaitons, fort des relations commerciales que nous avons déjà pu construire, prendre place sur le marché mondial des équipements de tête de réseau, avec nos logiciels de gestion ainsi que les modems câble à placer chez les utilisateurs, explique Yildiz Ermurat.
Pour engager cette phase de commercialisation, les besoins du business plan ont été estimés à 50 millions de BEF.
Cette année, pour des activités toujours cantonnées à la R&D, Daphne et sa scoiété soeur réaliseront un chiffre d'affaire de l'ordre de 24 millions de BEF.
Avec la production de modems, en milliers d'exemplaires, les prévisions portent d'ici deux à trois ans sur un chiffre d'affaires de l'ordre de 300 millions de BEF avec une trentaine de personnes occupées, une entrée en Bourse pour accompagner la troisième étape de croissance étant aussi envisagée.
Indifférence locale
Fort de ses premières expériences commerciales (lancement de phases-tests) en cours en Lituanie, aux Etats-Unis, au Danemark et en Suisse, Yildiz Ermurat dit éprouver actuellement la plus grande difficulté à boucler son montage financier.
Si l'invest régional IBC a consenti, en tout et pour tout en 1989 un prêt de 2,6 millions de BEF, la Société régionale d'investissement de Wallonie (SRIW) "préfère attendre", les banques-partenaires de Daphne (Fortis, BBL, Dexia...) ne souhaitant pas s'engager tant que d'autres intervenants publics contactés ne bougent pas!
Je souhaiterais avoir un partenaire public dans mon capital, insiste encore Ermurat qui comprend mal aussi le peu d'écho, voire l'indifférence manifestée par les acteurs publics très locaux (comme Idea/Ideatel) à l'égard de ses technologies/produits.
Même si des demandes d'offre ont été enregistrées de la part d'autre cablos wallons comme Brutélé ou encore de l'ALE/Liège, cette dernière à l'évidence beaucoup plus réceptive.
Déception donc pour Yildiz Ermurat qui a impérativement besoin de ces moyens pour entrer en phase commerciale et qui devra peut-être, faute de trouver les moyens indispensables à son expansion, revoir très à la baisse ses ambitions, condamnant Daphne à vivoter...
L'Echo - 14/12/2001