Société Daphne : Elle a tout d'une grande!
Petit deviendra grand. C'est en tout cas ce qu'espère la société Daphne si on lui en donne les moyens. Installée à Mons depuis 1989, Daphne emploie 10 personnes.
L'entreprise a pourtant développé une nouvelle technologie internet capable de rivaliser sur le marché mondial. La société ne peut malheureusement pas assumer seule la commercialisation de ses produits. Il lui manque 50 millions de BEF.
Concrètement, nous avons développé une transmission à très haute vitesse en utilisant le réseau de télédistribution, explique Gianni Chiarolini, responsable du marketing et des ventes. Cela perment de diffuser les données 1000 fois plus rapidement que par le réseau téléphonique. Les images web cam, par exemple, n'apparaissent plus saccadées à l'écran. Et nous sommes les seuls en Belgique, voire en Europe, à promouvoir une gamme complète, c'est-à-dire les produits nécessaires au télédistributeur et aux utilisateurs.
La phase de recherche-développement achevée, l'entreprise est prête à affronter le marché mondial. Des clients américains, lituaniens, danois ou suisses sont intéressés. Dans la région, Ideatel étudie le projet. L'entreprise espère donc atteindre un chiffre d'affaires annuel de 350 à 400 millions de BEF contre 24 millions en 2000. Côté emploi, Daphne entend bien passer à un effectif de 25 à 30 personnes avant d'entrer en bourse. La commercialisation de ses produits est pourtant en mauvaise voie par manque de moyens financiers. 50 millions de BEF lui sont nécessaires pour constituer les stocks, pour investir dans le matériel nécessaire à la production en nombre,...
Quand nous avons lancé le projet, personne ne voulait nous soutenir parce qu'ils ne croyaient pas qu'on allait réussir à développer une telle technologie, commente Yildiz Ermurat, managing director. Aujourd'hui, ils n'osent toujours pas nous suivre. Les investisseurs publics, la SRIW (Société Régionale d'Investissement Wallon), par exemple, attendent de voir un investisseur privé s'engager et vice-versa. Nous obtenons parfois des aides de 2 millions de ci de là, mais c'est largement insuffisant. C'est dommage d'être bloqué à cause de ça.
En désespoir de cause, Daphne s'est tournée en 2000 vers les investisseurs étrangers, notamment une société suédoise de télécommunications, Viking Telecom. Cependant, les divergences d'opinion concernant la stratégie d'entreprise a coupé court à l'alliance. Daphne perdait sa liberté d'action. Malgré ces difficultés à trouver des investisseurs locaux, Daphne espère bien pouvoir rester dans la région montoise, et ce pour des raisons sentimentales... Je suis née en Turquie, mais je suis arrivée ici il y a plus de 35 ans, raconte Yildiz Ermurat. Pour moi, Mons est ma deuxième ville. Il faut développer quelque chose ici. C'est pour ça que nous souhaiterions un soutien local. Si rien ne vient, il faudra trouver une solution. Et là, nous devrons peut-être rechercher à nouveau des investisseurs étrangers malgré les problèmes que cela peut poser.
La Province - 14/12/2001